- Le cycle « Cinéma et Science » associe des films de qualité et des actions de vulgarisation scientifique à travers des projections, des débats et des activités parallèles dans plusieurs villes.
- Les différentes éditions abordent des thèmes tels que le temps, les trous noirs, la bioéthique, les réseaux sociaux, l'écologie ou le fascisme, en combinant films classiques et contemporains.
- Un large éventail de scientifiques présente chaque film, établissant des liens entre les intrigues et les débats actuels en physique, biologie, anthropologie, médecine ou éthique.
- Cette initiative s'est imposée comme une référence culturelle qui encourage la pensée critique et démontre que la science est une composante essentielle de l'humanisme moderne.

La relation entre le cinéma et la science Elle est devenue l'un des plus grands moteurs culturels de notre époque, un espace où les récits audiovisuels dialoguent directement avec la recherche, la vulgarisation et la pensée critique. De la physique des trous noirs à la bioéthique, en passant par l'anthropologie, l'écologie et les mathématiques, ce carrefour permet au public d'appréhender des concepts complexes de manière bien plus accessible, divertissante et, pourquoi pas, profondément émouvante.
Dans ce contexte, le cycle se distingue. « Cinéma et Science », un événement présenté par les Archives du film basque, le DIPC et le Festival de San Sebastianqui s'est imposé comme un projet phare en Espagne. D'année en année, le programme s'étend en termes de lieux de projection, de public et d'ambition thématique, proposant des films de grande qualité dans des villes comme Donostia/San Sebastián, Bilbao, Vitoria-Gasteiz, Pampelune et Donibane Lohizune, toujours accompagnés de scientifiques et de spécialistes qui animent des discussions passionnantes après chaque projection.
Origine et philosophie du cycle Cinéma et Science
La série « Cinéma et Science » a été créée en 2018. Fruit d'une initiative conjointe du Centre international de physique de Donostia (DIPC), des Archives cinématographiques basques et du Festival international du film de San Sebastián (SSIFF), ce projet vise à démontrer que la science occupe une place centrale dans la culture contemporaine. Loin de se limiter à la diffusion académique, il adopte une approche humaniste : le cinéma, langage universel, permet d'expliquer comment la science transforme nos vies, notre vision du monde et nos interrogations sur l'avenir.
Entre janvier et mars de chaque édition, le cycle du programme une douzaine de films Ces films sont projetés dans des lieux tels que Tabakalera (Donostia / San Sebastián), le Musée des Beaux-Arts de Bilbao (actuellement à Bizkaia Aretoa-Sala Mitxelena de l'UPV/EHU), Artium Museoa à Vitoria-Gasteiz, les cinémas Golem Baiona à Pampelune et le Cinéma Le Sélect à Saint-Jean-de-Luz. D'année en année, d'autres espaces s'y ajoutent, renforçant ainsi son caractère de réseau culturel reliant science, cinéma et public.
Les projections ne surviennent pas spontanément : Chaque film est précédé d'une présentation par des experts. Dans des disciplines telles que la physique, la biologie, la médecine, l'anthropologie, l'économie et la philosophie. Après la projection, des discussions permettent au public de poser des questions, de confronter des idées et d'actualiser ses connaissances à la lumière des dernières avancées scientifiques. Ainsi, l'expérience dépasse largement le simple visionnage d'un film : elle devient un forum dynamique d'échanges et d'apprentissage.

Un regard cinématographique sur la science : du temps à l'éthique
L'une des caractéristiques distinctives du projet est que Chaque édition de « Cinéma et Science » est structurée autour de grands axes thématiques.qui constituent un fil conducteur entre des films qui, à première vue, semblent très différents. Loin d'être un simple catalogue de titres « scientifiques », la série privilégie les œuvres qui permettent une lecture rigoureuse, stimulante et, surtout, pluraliste de la science et de ses implications sociales.
La huitième édition, par exemple, s'articulait autour d'un concept clé de la réflexion scientifique : le tempsÀ partir de là, le programme proposait un parcours allant de la cosmologie et des trous noirs à la Seconde Guerre mondiale, incluant des débats sur la mémoire historique, Enquête médicale ou les limites du corps humain dans des conditions extrêmes. Le temps comme dimension physique, mais aussi comme expérience humaine, historique et politique.
De plus, le cycle s'est progressivement intégré sciences sociales et réflexion éthique C'est inscrit dans son ADN. Des films sur le fascisme, les réseaux sociaux, l'inégalité des sexes dans les sciences ou la fin de vie côtoient des classiques de la science-fiction, des documentaires sur les pionniers de la musique électronique ou des récits intimes où la recherche scientifique se mêle aux émotions les plus quotidiennes.
Ce désir de pluralité se condense en une idée souvent répétée par ses organisateurs : La science apparaît là où on l'attend… et là où on ne l'attend pas du tout.Le cinéma, quant à lui, est capable de représenter les phénomènes naturels et les conflits sociaux avec une force visuelle et narrative qui ouvre la voie à de nouvelles interrogations. C’est pourquoi tant de films en apparence « non scientifiques » s’intègrent parfaitement à cette programmation.
Le temps, les trous noirs et l'aventure scientifique à l'écran
Dans la huitième édition, le concept de temps a été abordé à travers une sélection rigoureuse d'ouvrages qui exploraient Voyage dans le temps, multivers, relativité et limites physiologiquesLa figure de Stephen Hawking lui-même apparaissait comme un fil conducteur symbolique dans la programmation, à la fois pour ses travaux sur les trous noirs et pour son énorme impact culturel.
Le film d'ouverture était « Une merveilleuse histoire du temps » (James Marsh, 2014)Le film, qui retrace la relation entre Hawking et sa première épouse pendant plus de 25 ans, dépeint avec une grande émotion la coexistence de ses recherches en cosmologie, de la maladie dégénérative du scientifique et du combat mené par le couple. Après la projection, une discussion a permis au public de poser des questions sur la physique, le handicap, la résilience et la communication scientifique.
Le programme s'est achevé sur un joyau de la science-fiction classique : « La Machine à voyager dans le temps – Denboraren makina » (George Pal, 1960)Une adaptation du roman de H.G. Wells qui a ouvert la voie à l'introduction du voyage dans le temps dans la culture populaire, mêlant spéculation scientifique et critique politique très claire des inégalités sociales. Des années plus tard, des films comme «Tout partout, tout à la fois – Dena batera leku guztietan» (Daniel Kwan et Daniel Scheinert, 2022) Ils reviendraient sur l'idée du multivers pour parler de famille, d'identité et de choix de vie, ouvrant ainsi la voie à une réflexion sur les théories physiques des univers multiples.
La question des trous noirs est apparue de manière particulièrement marquante dans « High Life » (Claire Denis, 2018)Dans ce film, une mission spatiale transportant des expériences sur la sexualité et la reproduction se dirige vers l'un de ces objets extrêmes. Coécrit avec le physicien et spécialiste des trous noirs Jean-Pol Fargeau, le film entremêle les questions de gravité extrême et les dilemmes éthiques liés à l'utilisation du corps humain dans les expériences scientifiques.
La question du temps comme limite corporelle a été abordée dans « Djúpiò – Les Profondeurs » (Baltasar Kormákur, 2012), qui dramatise une histoire vraie dans laquelle un marin islandais survit pendant une durée incroyable en eaux glacialesAlors que certains membres de la société cherchaient à expliquer l'événement comme un « miracle », la communauté scientifique s'est concentrée sur l'étude des mécanismes physiologiques qui l'avaient rendu possible, soulevant des questions sur les hypothèses, les preuves et le sensationnalisme.
La course contre la montre est également entrée en jeu. La recherche militaire pendant la Seconde Guerre mondiale Avec « Kampen om tungvannet – La Bataille de l’eau lourde » (Jean Dréville et Titus Vibe-Müller, 1948), qui retrace les efforts de sabotage du programme nucléaire nazi depuis la Norvège. Ce film, à la croisée du film d’aventure et du récit historique, invite à un débat sur la responsabilité scientifique, les armes de destruction massive et les dilemmes moraux liés à l’énergie nucléaire.
Comme si cela ne suffisait pas, l'horreur a également trouvé sa place avec « La Chose – Gauza » (John Carpenter, 1982)Situé dans une base expérimentale en Antarctique, où un être extraterrestre capable d'imiter n'importe quel organisme met au défi un groupe de chercheurs, ce classique de Carpenter mêle biologie, parasitologie, conditions météorologiques extrêmes et paranoïa dans un scénario qui offre de nombreuses occasions d'aborder la méthode scientifique, la confiance et la gestion des risques en milieu isolé.
Science, travail, mémoire et engagement social
Au-delà de la physique et des spéculations cosmiques, le cycle réserve un espace important pour Des films axés sur la pratique quotidienne des sciences, de la médecine et de la rechercheainsi que son impact social. L'idée est de montrer que le travail scientifique ne se limite pas aux laboratoires spectaculaires ou aux missions spatiales, mais se manifeste aussi dans les consultations médicales de proximité, les procès environnementaux ou les décisions cliniques de fin de vie.
Dans « Le Théorème de Marguerite » (Anna Novion, 2023), l’héroïne est une jeune mathématicienne brillante qui, après un échec scolaire, doit reconstruire sa vie professionnelle et personnelle. Le film nous permet d’aborder le sujet suivant : pression dans les carrières de recherche, genre dans les sciences dures, gestion des erreurs et résilienceet d'offrir au public un aperçu inhabituel de la créativité mathématique.
La médecine apparaît avec une énorme délicatesse dans « La maladie de Sachs – Les confessions du docteur Sachs » (Michel Deville, 1999)Ce film, primé au Festival international du film de San Sebastián, explore le rôle d'un médecin de campagne qui consacre du temps et de l'attention à ses patients dans un contexte de ressources limitées. Il suscite un débat sur… La relation médecin-patient, l'éthique des soins, la bureaucratisation des soins de santé et l'écoute active comme outil clinique essentiel.
L'engagement environnemental et juridique est au cœur des préoccupations. « Erin Brockovich » (Steven Soderbergh, 2000)Inspirée de l'histoire vraie d'une femme qui découvre un grave cas de contamination de l'eau par des composés toxiques, la série utilise ce film, au-delà de sa dimension féministe et de son récit de lutte individuelle, pour aborder divers sujets. toxicologie, santé publique, réglementation environnementale, accès à l'information et inégalités de pouvoir entre les citoyens et les grandes entreprises.
La réflexion politique et historique est renforcée par "Vincere" (Marco Bellocchio, 2009), qui explore la montée du fascisme et la manipulation de la mémoire. Son inclusion marque l'entrée explicite des sciences sociales dans le programme, ouvrant la voie à des débats sur autoritarisme, propagande, construction de récits officiels et responsabilité civiqueComme nous le rappelait Mark Twain, l'histoire ne se répète peut-être pas, mais elle « rime souvent », et ce cycle tire parti de ces rimes pour susciter un regard critique sur le présent.
Classiques de la science-fiction et monstres en blouse blanche
L'univers de classiques de la science-fiction et de l'horreur Elle occupe une place de choix dans le cycle « Cinéma et Science ». Non seulement pour sa valeur cinématographique, mais aussi parce que nombre de ces œuvres ont anticipé des débats toujours d'actualité : manipulation génétique, intelligence artificielle, catastrophes écologiques, bioéthique, etc. Le cycle les fait redécouvrir grâce à des copies restaurées, des présentations d'experts et un contexte scientifique actualisé.
À l'approche de son dixième anniversaire, le programme a enrichi sa programmation de titres qui se faisaient attendre depuis longtemps. L'un d'eux est, sans aucun doute, « La Planète des singes » (Franklin J. Schaffner, 1968)Un classique subversif qui utilise une société dominée par les singes pour poser des questions dérangeantes sur Progrès humain, racisme, totalitarisme et destruction de l'environnementComme l'a souligné Susan Sontag, il y a une beauté troublante à voir à l'écran le chaos et la confusion que provoque notre propre espèce.
La biologie et la métamorphose occupent une place centrale dans « La Mouche » (David Cronenberg, 1987)où un scientifique se téléporte accidentellement à côté d'une mouche et entame sa transformation. Ce film permet d'aborder des sujets tels que… mutation, limites corporelles, expérimentation sur les êtres vivants, risques technologiques et éthique de la rechercheCe n'est pas un hasard si cette édition comprend une conférence spécifique du biologiste Ginés Morata, qui aborde nombre de ces questions avec le public.
L'humour a aussi sa place. « Le Professeur Foldingue – Iraqasle zoroa » (Jerry Lewis, 1963)Une comédie sur un professeur de chimie maladroit et marginalisé qui met au point une potion pour se transformer en une version idéalisée et arrogante de lui-même. Au-delà des rires, le film ouvre la voie à la discussion. Stéréotypes sur le savant fou, l'estime de soi, l'identité, les risques liés aux substances expérimentales et la représentation de la science dans la culture populaire.
Parmi les monuments du cinéma fantastique, il est incontournable. L'univers de Frankenstein de James Whale avec « Frankenstein – Docteur Frankenstein » (1931) et « La Fiancée de Frankenstein » (1935), programmés en double séance. Les deux films offrent une riche exploration visuelle des débats classiques et actuels sur le sujet. Création de la vie artificielle, responsabilité du créateur, limites de l'expérimentation sur le corps humain, solitude des créatures « anormales » et peur sociétale de la différence.
Le cycle accorde également une attention particulière à l'animation. « Nausicaä de la Vallée du Vent – Kaze no Tani no Naushika » (Hayao Miyazaki, 1984)Se déroulant dans un futur post-apocalyptique où la Terre est recouverte de forêts toxiques et peuplée de créatures géantes, ce chef-d'œuvre propose un puissant discours sur Écologie, coexistence entre les espèces, conséquences de la guerre et responsabilités intergénérationnellesIl a également été choisi pour clôturer certaines éditions et pour figurer en vedette lors de séances spéciales destinées aux écoliers.
Langage, réseaux sociaux et musique électronique : la science dans la vie quotidienne
L'un des grands atouts de la série est de montrer comment La science imprègne également notre vie quotidienne Dans des domaines que l'on ne qualifie pas souvent de scientifiques : le langage, les réseaux sociaux, la musique, l'économie ou les émotions. Plusieurs films récents s'emparent de ces thèmes pour amener le spectateur en terrain connu et, à partir de là, soulever des questions fondamentales.
« Haur basatia – L'Enfant sauvage » (François Truffaut, 1970) est inspiré de l'histoire vraie d'un enfant trouvé dans une forêt française à la fin du XVIIIe siècle. À travers l'éducation de cet enfant, le film invite à la réflexion sur Ce que nous entendons par « humain », le rôle de l’environnement social dans le développement, l’acquisition du langage et la construction des émotionsC'est une porte d'entrée magnifique vers l'anthropologie, la psychologie du développement et les neurosciences de l'apprentissage.
Le présent numérique et ses contradictions deviennent visibles avec « Le réseau social – Sare soziala » (David Fincher, 2010), qui retrace la naissance de Facebook alors que son créateur était encore étudiant. Au-delà du drame personnel et professionnel, le film ouvre des débats sur impact social des réseaux, vie privée, concentration du pouvoir dans le monde technologique, architecture des algorithmes et érosion des relations interpersonnelles.
La musique électronique et son histoire méconnue sont présentées dans ce documentaire. « Sœurs à transistors » (Lisa Rovner, 2020)Narré par Laurie Anderson, cet ouvrage met en lumière le rôle visionnaire de nombreuses femmes qui, depuis le début du XXe siècle, Ils ont inventé des dispositifs, des techniques et des styles fondamentaux. pour la musique expérimentale et électronique, mais ces aspects ont été rendus invisibles dans les récits officiels. Le film établit des liens entre science du son, technologie, genre et mémoire culturelle.
Dans « La Voie royale » (Frédéric Mermoud, 2023), l’accent est à nouveau mis sur les mathématiques, mais du point de vue de Une jeune femme issue d'un milieu modeste dont le talent la conduit vers une classe préparatoire scientifique exigeante.Le film permet au public de constater de près la pression exercée par le système éducatif, les inégalités d'accès aux études d'élite selon les classes sociales et les défis auxquels les femmes sont confrontées dans les parcours universitaires hautement compétitifs.
Par ailleurs, « Sare soziala », « Sisters with Transistors » et d’autres titres sont souvent intégrés dans des cadres thématiques tels que Emakumeak ZientzianCes initiatives soulignent l'importance de rendre les femmes visibles dans les sciences et les technologies, démontrant ainsi que l'innovation n'est ni neutre ni sans lien avec les questions de genre, de langue ou de contexte social.
Vie, mort et dilemmes éthiques contemporains
Au fil des ans, le cycle a de plus en plus intégré la réflexion sur bioéthique, fin de vie et soinsPartant du constat que ces questions se situent à l'intersection constante de la science, de la médecine, du droit et de l'expérience personnelle, ces films sont souvent accompagnés de tables rondes et d'activités parallèles qui prolongent le dialogue au-delà de la salle de cinéma.
« The Glimmers » (Pilar Palomero, 2024) raconte l’histoire d’Isabel, dont le quotidien est bouleversé lorsque sa fille lui demande de rendre fréquemment visite à Ramón, son ex-mari malade, avec lequel elle n’a plus aucun contact depuis quinze ans. Le film soulève des questions telles que… l’accompagnement en fin de vie, la réapparition des liens affectifs, les souvenirs partagés et le deuil anticipéLe cycle complète sa projection par une table ronde intitulée « La fin de vie : littérature, cinéma et science », à laquelle participent la réalisatrice elle-même et l'oncologue Ander Urruticoechea, animée par la chercheuse Itziar Vergara.
La perspective anthropologique sur le vieillissement et la mort est explorée dans "Narayama Bushi-ko - La Ballade de Narayama" (Shhei Imamura, 1983)L'histoire se déroule dans un village où, selon une loi ancestrale, les personnes âgées de 70 ans doivent quitter leur domicile pour vivre – et mourir – au sommet d'une montagne. Ce rituel soulève des questions sur valeur sociale de la vieillesse, sacrifice, ressources limitées, normes communautaires et dignitéqui sont analysées dans les présentations par des spécialistes des droits de l'homme, de la psychologie et de l'anthropologie.
En parallèle, le cycle organise conférences spécifiques et exposés informatifsOn peut citer en exemple la présentation du biologiste et lauréat du prix Prince des Asturies, Ginés Morata, qui a donné une conférence à Tabakalera en parallèle de la projection du film « La Mouche », et qui a approfondi… génétique, développement et architecture biologique d'après le cas de la mouche Drosophila melanogaster.
Ces activités parallèles sont gratuites jusqu'à ce que la capacité maximale soit atteinte et sont devenues l'un des principaux attraits du programme, car elles permettent entendre directement des scientifiques de renommée internationale qui relient les intrigues des films à leurs propres pratiques de recherche et aux débats actuels en bioéthique, en pratique clinique ou en politique publique.
La neuvième édition : pluralité thématique et expansion territoriale
Le neuvième épisode de la série « Cinéma et Science » revient pour poursuivre son exploration. grandes questions scientifiques et humanistesConservant le même esprit qu'à sa naissance, mais élargissant sa perspective et sa portée, le programme se déploie dans ses lieux habituels à Vitoria-Gasteiz, San Sebastián, Bilbao, Pampelune et Saint-Jean-de-Luz, renforçant un réseau de collaborations entre musées, archives cinématographiques, cinémas commerciaux et centres de recherche.
La conférence de presse, qui s'est tenue à Tabakalera, a réuni des représentants institutionnels tels que Ibone Bengoetxea (Premier vice-président et ministre de la Culture et de la Politique linguistique), Juan Ignacio Pérez Iglesias (Conseiller pour la science, les universités et l'innovation), Joxéen Fernández (directeur des Archives cinématographiques basques) et Ricardo Díez Muiño (directeur du DIPC), ainsi que des figures clés de l'écosystème culturel telles que Pedro Miguel Etxenike, Miguel Zugaza, Maialen Beloki, Beatriz Herráez et Edurne Ormazabal.
Dans leurs discours, l'idée a été soulignée que La culture et la science sont des outils de cohésion socialeCes éléments sont fondamentaux pour construire un savoir partagé, développer l'esprit critique et forger des valeurs communes. Il a également été souligné que le cinéma facilite l'acquisition d'un langage scientifique accessible, concret et compréhensible, ce qui en fait un puissant outil de transformation sociale.
Le directeur du DIPC, Díez Muiño, a souligné que les films sélectionnés fonctionnent comme miroir et déclencheur de nombreuses préoccupations, utopies et dystopies qui émergent face aux progrès scientifiques et technologiques. Joxean Fernández a également souligné que l'esprit de la série demeure inchangé : mettre en lumière la beauté de la science à travers le langage du cinéma et utiliser l'universalité de la pensée scientifique pour éclairer les images émouvantes qui nous touchent à l'écran.
Le résultat est un programme qu'ils défendent comme « une célébration de l’art et du savoir »Ce cycle de projections exige une sélection de films de grande qualité tout en recherchant des œuvres offrant une perspective scientifique stimulante. Avec plus de 5 600 spectateurs en 2024 et une présence bien établie dans cinq villes, il est devenu un événement incontournable pour les cinéphiles et les passionnés de science, qui, heureusement, ne font souvent qu'un.
Programme détaillé : cinéma, science et débats ouverts
La structure des séances est généralement axée sur Les mercredis de janvier, février et mars à 19h00.Avec des prix très abordables (environ 3,5 € pour l'entrée générale, tarifs réduits pour les Amis du Musée Artium et gratuité dans certains cas pour les moins de 25 ans), les billets sont disponibles aux guichets des lieux d'exposition et sur leurs sites web. L'accès aux conférences et aux tables rondes parallèles est généralement gratuit.
Parmi les films à l'affiche projetés tout au long de la neuvième édition, Musée Artium sont les suivants:
« La Planète des Singes » (Franklin J. Schaffner, 1968). Un astronaute arrive sur une planète apparemment inconnue où les singes règnent et où les humains sont considérés comme des êtres inférieurs. Présenté par le physicien des particules Juan José Gómez Cadenas dans certains lieux et par Pedro Miguel Etxenike dans d'autres, le film ouvre des débats sur Évolution, pouvoir, racisme, ruine écologique et instrumentalisation de la science à des fins de domination.
« L'Enfant sauvage – Haur basatia » (François Truffaut, 1970). L'histoire vraie de « l'enfant sauvage de l'Aveyron », un cas fondamental pour l'étude du développement du langage et de la socialisation. La présentation est assurée par des spécialistes en neurosciences et en troubles du développement, qui établissent un lien entre cette histoire et les recherches actuelles sur le sujet. plasticité cérébrale et apprentissage.
« Le réseau social – Sare soziala » (David Fincher, 2010). À la frontière entre le drame judiciaire et le récit initiatique, ce film retrace la naissance de Facebook dans une chambre d'étudiant et son essor fulgurant à l'échelle mondiale. Les discussions qu'il suscite portent principalement sur… Éthique des algorithmes, gouvernance des données, impact psychologique des réseaux et nouvelles formes de pouvoir économique.
« Les Oiseaux » (Alfred Hitchcock, 1963). Partant d'une anecdote en apparence anodine – une femme se rendant dans une petite ville côtière –, le film déclenche une série d'attaques d'oiseaux inexplicables contre des humains. Scientifiques et vulgarisateurs analysent les multiples interprétations possibles : le comportement animal, les changements environnementaux, la peur collective et la fragilité de l'équilibre écologique.
La sélection est complétée par « Sœurs aux transistors » (femmes pionnières dans la musique électronique), « La Mouche » (expériences de téléportation et de métamorphose corporelle), «Le professeur noisette – Iraqasle zoroa» (stéréotypes du scientifique et chimie illusoire), « La voie royale » (mathématiques et progrès social), « Les éclairs » (accompagnement pendant la maladie), «Le troisième homme – Hirugaren Gizona» (après-guerre, pénicilline, corruption), « Narayama Bushi-ko – La Ballade de Narayama » (vieillesse et normes communautaires) et « Nausicaä de la Vallée du Vent – Kaze No Tani No Naushika » (un avenir toxique, des champignons vénéneux et des insectes mutants géants).
Parallèlement, d'autres salles projettent des films tels que « Gorilles dans la brume », centrés sur la vie et l'œuvre de la primatologue et militante écologiste Dian Fossey, ou des titres liés à la relativité générale et aux ondes gravitationnelles tels que « Interstellar », qui dans les éditions précédentes servaient à célébrer des étapes scientifiques récentes.
Un réseau de spécialistes dédiés à la diffusion
L'un des plus grands atouts de « Cinéma et Science » est le une équipe extraordinaire de scientifiques et de spécialistes participant aux présentationsLeurs carrières s'étendent de la physique théorique à l'anthropologie sociale, en passant par la biologie moléculaire, l'économie appliquée, la philosophie, l'écologie et le droit.
Parmi les noms qui sont apparus dans l'émission figurent des personnalités aussi importantes que Pedro Miguel Etxenike, María Martinón, Maria Blasco, Rafael Rebolo ou Juan Ignacio Ciracqui apportent leur expérience internationale et leur passion pour la communication scientifique aux discussions avec le public. Ils sont rejoints par des chercheurs de centres tels que le DIPC, l'UPV/EHU, le Centre basque sur la cognition, le cerveau et le langage (BCBL), Biogipuzkoa et l'Université publique de Navarre.
Dans la neuvième édition, par exemple, des profils tels que Amaia Carrión-Castillo (neurosciences de l'éducation et troubles du développement), Antonio Casado da Rocha (philosophie des valeurs et anthropologie sociale), Gabriel Berasategui (biologiste), Monica Bello (historienne de l'art et ancienne directrice des arts au CERN), Lorea Argarate (technologue, communicateur scientifique et musicien), Ginés Morata (biologiste et lauréate du prix Princesse des Asturies), Beatriz Díaz (entomologiste), Xabier López (chimiste et associé du DIPC), Eva Ferreira (économiste et mathématicien), Ander Urrutikoetxea (oncologiste), Pilier Pigeonnier (réalisateur de films), Itziar Alkorta (biochimie), María Jesús Goikoetxea Iturregi (droits de l'homme), Aitzpea Leizaola (anthropologie sociale), Ibone Ametzaga (écologie) ou Bosco Imbert (écologiste).
Grâce à ce réseau, chaque session devient un espace où La fiction se mêle à la réalité de l'enquête.Les intervenants établissent des liens entre des scènes précises et des expériences, théories ou controverses actuelles, corrigent les libertés artistiques lorsque cela s'avère nécessaire et exploitent la force narrative du cinéma pour mieux expliquer leur domaine d'activité. Souvent, le public quitte la salle avec de nouvelles questions et une curiosité renouvelée pour approfondir ses connaissances.
Au cours de ses six premières éditions, le cycle a accumulé environ quarante-cinq projections avec leurs discussions correspondantesCela a permis de fidéliser une communauté de cinéphiles qui apprécient autant le plaisir de découvrir ou de redécouvrir de grands films que l'opportunité d'écouter des experts de renom. Cette combinaison de rigueur, d'accessibilité et de passion pour le cinéma est sans doute le secret de leur succès.
L'ensemble de ce cadre démontre que Aujourd'hui, le cinéma et la science forment une alliance culturelle de premier ordre.Le cinéma offre des images et des récits qui rendent tangible la complexité du monde, tandis que la science fournit les outils nécessaires pour mieux comprendre ce qui se cache derrière ces récits. En définitive, chaque édition de « Cinéma et Science » vise à créer un espace de partage où le public peut se divertir, apprendre, poser des questions qui dérangent et vérifier, comme le disait Léonard de Vinci, que tout est lié à tout.




